L’EGLISE SACRE CŒUR DE LA GENETTE

 

 Les débuts du quartier de La Genette

 

Le quartier de La Genette a commencé à se construire vers la fin du XIXe siècle. Jusqu’à là, les espaces situés à l’ouest de la ville faisaient partie de la paroisse de Saint-Maurice.

 

Dans la première moitié du siècle, quelques parcelles sont loties à proximité du Mail en raison de l’attrait des Etablissements des Bains de Mer (Marie-Thérèse, Richelieu …). Mais, l’événement marquant est le creusement, en eaux profondes, du port de La Pallice à partir de 1881. Une ouverture vers l’ouest devient impérative et à partir de 1886 les choses s’accélèrent : les remparts autour de la ville sont percés, l’avenue Guiton  est prolongée vers la ville et la tracée de l’avenue Leclerc ira jusqu’au niveau de la place de Verdun  Les espaces situés à l’ouest des remparts de la ville vont maintenant donner naissance à un quartier bâti sur des zones longtemps marécageuses, parsemées de domaines dont les noms sont conservés jusqu’à nos jours : La Genette, l’Épine, La Pépinière .... Au début du XXème siècle, le quartier compte 1600 habitants dans une ville qui compte 33.000.

 

 

La construction de l’église est lancée

 

Depuis la suppression de l’église de St Maurice à la Révolution et la fermeture de celle de St. Jean du Pérot en 1878, le secteur dispose pour tout lieu de culte d’une petite chapelle construite à St Maurice en 1877 (grâce aux efforts du Général Dumont) pour honorer les soldats de la guerre de 1870.

 

La création d’une nouvelle paroisse est décidée et confiée en août 1892 à l’abbé Eutrope Richou, alors âgé de 27 ans, qui va se consacrer à sa mission : faire édifier une église à La Genette. En 1894, un terrain est cédé à la ville par une généreuse donatrice, Madame Bernard, (qui le tenait elle-même du Général Dumont), et l’abbé convainc le Conseil Municipal, présidé alors par Mr Alcide d’Orbigny, de financer la réalisation, (décision du 4 février 1896). La conception de l’ouvrage est confiée à l’architecte de la ville, Mr Pierre-François Corbineau et les vitraux à la maison Champigneulle. Pour des raisons financières, le projet initial est maintes fois modifié mais l’abbé Richou est bien l’homme de la situation et déploiera toute sa détermination, son énergie et surtout son esprit d’entreprise pour le mener à bien.


Achevé provisoirement, l’édifice est inauguré par le Maire, Mr Alcide d’Orbigny, et béni par l’Evêque, Mgr Bonnefoy, le 7 octobre 1900. Toutefois, la consécration de l’église n’interviendra que beaucoup plus tard, le 15 novembre 1921.

 

Ce sera, à La Rochelle, le dernier chantier municipal d’une église.

 

L’architecture

 

Pierre Corbineau a conçu un édifice qu’il qualifie lui-même de "style roman", mais où se voient certaines nouveautés : voûtes bombées travée par travée, colonnes de granit bleu, et surtout le dôme à écailles du clocher qui s’inspire des œuvres alors fort en vogue de l’architecte bordelais Paul Abadie (1812-1884), et dont la plus célèbre est bien sûr le Sacré-Cœur de Montmartre, à Paris. "Plus proche de l’église de la Genette, l’église Sainte-Marie de la Bastide à Bordeaux a probablement servi de modèle à Corbineau".

 

 

Dans le but de mettre en valeur sa nouvelle église, l’abbé Richou s’occupera aussi de l’environnement de l’église. Il est à l’origine du percement de la rue Michelet en incitant les propriétaires à céder un peu de leur terrain. Ensuite, il était question de fournir des cloches à son église.  La ville fit construire le beffroi de charpente, qui était prévu initialement pour recevoir quatre cloches, mais qui n’en accueillera finalement que trois : le bourdon, béni en 1901, la deuxième en 1918 et la troisième en 1921.

 

 

La consécration

 

Enfin tout fut prêt pour la consécration de novembre 1921. Le mobilier n’était plus celui, très sommaire, des débuts ; on avait achevé de sculpter les larges corbeilles des chapiteaux ; la nouvelle chaire était en place et bénie ; les vitraux de l’abside, très endommagés par l’explosion de l’usine Vandier en 1916, refaits au frais de la ville.

 

"La cérémonie ne durera pas moins de quatre heures, reprenant tout l’antique rituel des consécrations : le prélat fait trois fois le tour extérieur en aspergeant les murs avec l’eau lustrale ; il demande l’ouverture des portes en frappant les vantaux de sa crosse ; il trace du bout de celle-ci les alphabets grec et latin sur la cendre répandue sur le sol ; il marque chacun des piliers avec le saint crème".

 

"Au terme de cette journée mémorable, l’abbé Richou pouvait estimer avec satisfaction avoir accompli sa mission".

 

 

 

Sources :

Antoine Després

M. l’abbé Yves Blomme  In Situ  Revue des Patrimoines

                                   La Genette 1900 - 2000