LA BELLE MYSTÉRIEUSE DE LA RUE BOIS l’ÉPINE

 

Ce serait à la ferme de l'Épine où est décédée Norma Tessum Onda

Drôle de nom pour une jeune femme. Drôle de destin aussi pour cette jeune femme morte à 21 ans d'une phtisie alors qu'elle vivait dans la petite rue du Bois l'Épine. L’imposante stèle à l'entrée du cimetière de Saint-Maurice a longtemps fait croire aux historiens qu'il s'agissait de la fille cachée de George Sand et d'Alfred de Musset. Il faut dire que la tombe jetait  le trouble. Non seulement elle ressemble étrangement à celle d'Alfred de Musset, au Père Lachaise, mais Norma Tessum Onda ne serait autre que l'anagramme de Roman, Musset et (à une lettre près) Sand. Il n'en fallut pas plus pour alimenter la légende. C'est un chroniqueur, Aurélien Scholl, de "l'Écho Rochelais" du 19 avril 1882 qui a entretenu cette légende de l'enfant naturel du poète et de l'écrivain.

L'histoire est si belle, si romantique. Mais totalement fausse.

Norma Tessum Onda s'appelait en fait Joséphine-Marie Ménard, une mystérieuse jeune femme, d’une éblouissante beauté, enlevée à la vie dans la fleur de l’âge. Originaire d'un petit village du Maine-et-Loire, elle fut confiée à l'âge de 8 ans à Françoise Coras,  une dame alors âgée de 64 ans. Il semble que Françoise fut une aventurière, sorte de demi-mondaine vivant dans l’aisance. En 1869 les deux femmes s’installent à Paris et c’est dans ce Paris agité de la fin de l’Empire qu’elles se font des relations  dans les milieux littéraires et que Joséphine pose pour quelques peintres dont Charles Louis Muller (portrait ci-contre).

 

Quand Joséphine-Marie tomba malade en 1874, Françoise partit s'installer avec elle à La Rochelle, où la jeune femme mourut. Et c'est Françoise Coras qui commanda la stèle ressemblant à celle de Musset et y fit inscrire cette mystérieuse anagramme qui a donné naissance à la légende.  Elle a fait en sorte que repose désormais, sous la dalle tombale, "une fille de haute naissance". La tutrice mourut à l'hospice des Petites Sœurs des Pauvres à Tasdon en 1881.

 

 

Après son décès, on découvrit un grand nombre d'objets ayant appartenu à Joséphine, dont des livres d'Alfred de Musset dédicacés "À ma fille bien aimée", "À ma chère petite Norma". D'authentiques faux en écriture dont on ne saura jamais s'ils provenaient de la plume de Joséphine-Marie qui avait rencontré Paul, le frère de Musset, ou bien de Françoise.

 

Sources :

 

"L'Actualité Poitou-Charentes" du 5 avril 2004, article de Jean-Jacques Salgon.

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