Le testament d'Adèle

Le 27 Juillet 1881 Adèle, l'héritière de la famille Charruyer signe, devant notaire, son dernier testament. Elle est la fille d'Étienne Charruyer, un des armateurs rochelais du XIXe siècle et, par ailleurs, un des fondateurs/souscripteurs des bains Marie-Thérèse. C’est une famille aisée, qui avait acquis terrains et belles demeures au fil des années. Adèle Charruyer fut un des propriétaires successifs du château des Gonthières à Rompsay ainsi que de vastes étendues de terrains marécageux, situés à l'emplacement des anciennes fortifications, entre la mer et la place des Armes, connue aujourd'hui sous le nom de Place de Verdun.

Un parc en héritage

En 1885, quatre ans après avoir rédigé son testament, Marie-Adèle décède. Et, selon ses vœux, la somme de 100 000 francs est léguée à la ville afin d'aménager un parc sur les terrains insalubres. Grâce à ce legs, un parc va être aménagé sur le terrain militaire, situé aux pieds des fortifications ouest de la ville, datant de l'enceinte de 1685. Les travaux commencés le 6 mai 1887, ont été achevés le 31 décembre 1890. Appelé à l'origine le parc Monceau rochelais, le nom de Charruyer destiné à honorer la donatrice fut donné au parc en 1888.

C’est un parc à l’anglaise, aux allées sinueuses et ombragées par de grands arbres qui se déploie sur 40 hectares et propose une agréable promenade d’environ deux kilomètres. 

On peut  y découvrir, comme pour le jardin des plantes, différentes espèces d’arbres. De petits ponts y enjambent gracieusement des ruisseaux alimentés par le Lafond et le Fétilly.  Les arbres offrent un dortoir aux étourneaux, un abri discret à une famille d’oies sauvages qui a élu résidence permanente dans le parc, un parasol aux promeneurs, des coins ombragés où piqueniquer en toute liberté sur la pelouse en été.

 

Au sud, il dispose d’une partie à caractère zoologique.

Le Parc animalier

Si sa création officielle remonte à 1945, la présence d'animaux dans le parc est beaucoup plus ancienne. Dès 1890, il est possible d'observer dans ce parc canards et cygnes. Des volières y ont même été construites. Au fil des ans, au gré des achats et des donations, on y voit des oies d'Egypte, des paons blancs, des cygnes noirs d’Australie, une cigogne, des grues couronnées, des chèvres d'Afrique, une autruche, un renard ou encore un couguar.

 

Aujourd'hui, on y trouve plus de 350 animaux à plumes sans compter ceux qui, en route vers le sud ou le nord, font étape dans ce parc. Il y a aussi des écureuils, des daims, des chèvres, des poneys et des baudets du Poitou. Ces animaux évoluent en liberté ou en semi-liberté (sauf certaines espèces qui sont en captivité dans les enclos aménagés ou en volières) sur les plans d'eau, les pelouses, les allées, les arbres...

 

 

Gestion des espèces

 

Le responsable du parc et son équipe doivent gérer cette diversité, assurer la pérennité des espèces et le juste équilibre entre mâles et femelles. Une tâche qui n'est pas toujours facile.  Il y a aussi les animaux qui s'installent sans y avoir été conviés. C'est le cas des étourneaux qui élisent régulièrement domicile dans le parc et les espaces verts rochelais. L'inconvénient est qu'ils se déplacent par milliers et occasionnent de nombreux dégâts à la végétation. Il faut donc recourir à diverses techniques d'effarouchement.

 

 

Une vitrine de la conservation des espèces locales

 

L'objectif est d'orienter l'action du parc pour qu'il devienne une vitrine de la conservation des espèces locales. En effet, baudet du Poitou, poules de marans, oies blanches du Poitou et canards de Barbarie, troupeau de chèvres poitevines … sont déjà présents.  Une dynamique de décoration du parc a aussi été enclenchée c'est pourquoi, au gré des visites, les promeneurs pourront découvrir des personnages en bois réalisés par un des agents du parc à partir de matériaux de récupération. En 2012, l'aire de jeux a été rénovée. Conjointement avec le Comité de quartier de La Genette, les services de la Ville ont un projet d'améliorer la signalétique des animaux notamment en ajoutant des panneaux contenant les textes écrits par une poète qui habite La Genette.

 

 

Un nom pour le parc

 

C'est à la demande du Comité de quartier de La Genette (qui compte parmi ses membres Emmanuel Beltremieux, son petit-fils) que la mairie de La Rochelle a décidé, en 2011, de baptiser du nom de Charles-Edouard Beltremieux ce parc animalier du centre-ville. Charles-Edouard Beltremieux fut conservateur du Muséum et Maire de la ville de La Rochelle de 1871 à 1874 puis de 1876 à 1879. Une belle manière de rendre hommage à cet homme qui rejoint ainsi les Bonpland, Fleuriau, de Bellevue ou les d'Orbigny, dans la toponymie de La Rochelle. 

 

Le parc Charruyer est classé monument historique en 1931.

 

 

 

 

 

Sources :

Site Officiel de la ville de La Rochelle

Sud-Ouest, octobre 2010

www.musicme.com

 

L'ÈRE BALNÉAIRE À LA ROCHELLE-LES-BAINS

 

Lors de l’exposition "La Rochelle-les-Bains, 1826-1914" au musée d'Orbigny-Bernon en octobre 2011, le visiteur a pu admirer Marie-Thérèse, duchesse d'Angoulême, dernière dauphine de France, peinte par Robert Lefèvre, peintre officiel de la famille impériale.  Mais, que fait-elle là à accueillir le visiteur à "La  Rochelle-les-Bains" ? La réponse se trouve dans sa main droite. Marie-Thérèse tient un opuscule intitulé, "Bains Marie-Thérèse. À La Rochelle, 1827".

Ce portrait, dont elle fit don à la ville, fut accroché dans le salon d'honneur du premier établissement de bains construit à La Rochelle. Ouvert le 10 juin 1827, entre la promenade du Mail et la mer, le bâtiment à l'architecture néo-classique est baptisé "Bains Marie-Thérèse".

Suivant l’exemple de Dieppe, La  Rochelle est la première ville de la façade atlantique à s'intéresser aux bains de mer. En ces premières années du XIXe siècle, l'accès à la plage n'est pas encore familier et l'usage du bain est encore thérapeutique. Les Anglais sont les premiers à en avoir découvert les vertus.

Fort de ces nouveautés et décidé à relancer des activités qui sommeillaient dans un contexte économique ralenti depuis la Révolution, un groupe de bourgeois rochelais (dont Etienne Charruyer, père d’Adèle dont le legs à la ville a permis la création du Parc Charruyer) fonde en 1826 les Bains Marie-Thérèse, du nom et sous le patronage de la duchesse d'Angoulême. Le vaste bâtiment, comprenant salons et pavillons pour chaque sexe avec cabinets de bain et salles de repos, est établi entre la promenade du Mail et la falaise. L'accès à la mer se fait par des rampes menant aux cabines de bain et à la "plage" dallée de granit. Là, les hommes et les femmes sont séparés et un rideau tendu en travers préserve les dames des regards indiscrets. Surtout fréquenté par la population locale, l'établissement tient plus de lieu de fêtes et convivialité rochelaise que d'espace thérapeutique.

"Bains de lame"

En fait, le soutien de Marie-Thérèse resta purement théorique et, contrairement à ce qui se produisit à Dieppe grâce à la duchesse de Berry, qui en était une habituée, jamais l'aristocratie ne fréquenta La Rochelle. N'importe. La ville disposait d'un splendide établissement, avec cabines de bains chauds (alimentés en eau de mer), douches, salons de repos, soins thérapeutiques sous la surveillance d'un médecin. En outre, aux pieds des Bains Marie-Thérèse, la mer berçait déjà les amateurs de "bains de lame" qui revêtaient leur tenue de bain dans les tentes prévues à cet effet. L'ère balnéaire venait de commencer.

Mais les Rochelais du XIXe siècle n'affrontaient pas toujours l'élément marin en costume du même nom. En témoigne l'arrêté municipal de l'été 1816, qui interdit de se baigner nu dans le port et le bassin. Ces contrevenants encourent des amendes et une peine de prison d'un mois à un an.

Les établissements de bain se multiplient

A partir de 1827, les établissements de bains se multiplient. Les formules se cherchent et de nouveaux programmes architecturaux accompagnent ces nouvelles pratiques à l'anglaise pour l'usage des élites. Les premières stations estivales s'articulent autour des établissements de bains dont le programme évolue rapidement : les soins thérapeutiques allient les bains chauds pris en baignoire (à la mode thermale) et les différentes pratiques de bains à la lame, dans la mer. Le bain froid s'effectue en pleine mer ou dans des piscines aménagées, semi-ouvertes. Les établissements de bains sont également dotés de nombreuses fonctions liées à la sociabilité et aux loisirs. Ils se rapprochent ainsi de la typologie des casinos, et peuvent même faire fonction parfois d'hôtel, comme dans les bains Jaguenaud.

Construits vers 1850, les Bains Jaguenaud (appelés par la suite Bains Richelieu), plutôt chic et aux "prix très modérés" (comme dit l’affiche), accueillent baigneurs et curistes et offrent au public de plus en plus de loisirs (jeux, concerts, bals) en s'entourant de vastes jardins très appréciés. Il y a un train direct de Paris, "trajet en 12 heures", et "l’omnibus de  l’Établissement est à la disposition des baigneurs à leur arrivée en chemin de fer". Les pratiques commerciales et touristiques que nous connaissons aujourd’hui sont déjà bien en place.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A proximité du Mail, les Bains Louise, en revanche, ouvrent leurs portes aux femmes de la classe ouvrière en 1870 et un établissement plus modeste, les Bains Guillemet, existait déjà depuis 1860, en pleine ville, rue Fleuriau.

 

La fin d’une ère

Aujourd’hui, tous ont disparu. Les Bains Richelieu ont disparu en 1897. Les bains Marie-Thérèse sont rachetés par la ville en 1902 qui y apporte diverses améliorations comme la construction d'une salle de spectacle. Entre-temps, l'usage du bain de mer s'est modifié et le plaisir de la baignade popularisé. Pour y faire face, La  Rochelle n'a qu'une plage très modeste dite de La Concurrence en référence aux Bains Marie-Thérèse.

En 1907, la ville y entreprend des travaux conséquents. Elle agrandit la plage, installe des cabines neuves et fait construire un café, la Pergola. Une vaste jetée promenade s’ouvre désormais jusqu'au casino du Mail, attirant à la belle saison des centaines de personnes y compris celles de l'intérieur de la région venant passer un dimanche à la mer par les "trains de plaisir".

 

"Pourtant, La  Rochelle n'a jamais réuni tous les ingrédients indispensables à la réussite de sa station balnéaire. Mais cette expérience fut aussi le point de départ du développement d'une autre politique touristique tournée vers le patrimonial et l'événementiel.  Parallèlement, tout en s'agrandissant à l'ouest, la ville a réussi à éviter les tentatives de spéculations, limitant l'implantation de luxueux établissements sur le front de mer et le Mail en conservant un littoral paysager qui en fait aujourd'hui sa particularité et contribue à son charme"1.

 

 

 

 

 

 

Sources :

1Sud-Ouest, article de Christiane Poulin, août 2011

L’hebdo du Charente-Maritime, septembre 2011

Les Archives municipales

Gallica.bnf.fr

 

 

LA RUE NUNGESSER ET COLI

Cette rue de La Genette est un bel hommage à deux grands hommes qui, à bord de L’Oiseau blanc, avaient fait le pari fou d’être les premiers à faire la traversée de l’Atlantique sans escale.

Un défi passionnant

 

Gaspard de Coligny naquit à Châtillon-sur-Loing en 1519. Son père était d’une famille ancienne et avait épousé en 1514 Louise de Montmorency dont un des frères était Anne de Montmorency, connétable de France entre 1538 et 1541. Lorsque son père mourut en Guyenne en 1522. Gaspard avait trois ans, et il s’était déjà fait remarquer par son goût pour les jeux guerriers.

Les jeunes Coligny reçurent une éducation humaniste. À cette époque, un gentilhomme étudiait le trivium et le quadrivium (les 7 arts libéraux),et également les arts de la cour (notamment la danse et le jeu de paume et les arts de guerre (équitation et escrime) auxquels Gaspard et ses frères s'initièrent sous la tutelle d’un ancien soldat, Guillaume de Prunelay.

Depuis la mort du père, l’oncle de Montmorency surveillait cette éducation et il nota avec satisfaction les progrès de Gaspard en latin qui auguraient d’un avenir ecclésiastique. Mais le jeune homme se rebella. Il voulait faire carrière dans l’armée.

En 1530, Louise de Montmorency, la mère de Gaspard, fut nommée dame d’honneur d’Éléonore d’Autriche, la femme de François 1er et la famille se retrouva à la cour qui était une des plus brillantes d’Europe. Les grandes maisons s’y disputaient la faveur du roi et le clan des Montmorency y jouissait d’une influence grandissante. Politiquement, la France, l'empire de Charles Quint son rival et les États Pontificaux étaient les plus grandes puissances européennes.

Sur le plan religieux, la France s’était engagée dans la voie d’une certaine indépendance, l’humanisme se répandait et avec lui une critique des pratiques religieuses, qui appelaient des réformes et provoquait des oppositions au sein de l’université et des ordres religieux inquiets de la diffusion des idées luthériennes. En 1533, l'année du schisme entre Rome et l’Angleterre, François Ier maria son fils Henri le Dauphin, à la nièce du pape Clément VII, Catherine de Médicis. En 1534 éclata l’affaire des placards qui allait déclencher une répression sévère contre les luthériens. François Ier était néanmoins embarrassé car il ne voulait pas s'aliéner les princes allemands favorables à la réforme.

Pendant ce temps, Gaspard de Coligny poursuivait ses études en compagnie des enfants du roi. La cour se déplaçait beaucoup, et les jeunes Coligny suivaient le roi de château en château. Gaspard s’était fait des amis, notamment le jeune François de Guise.

En 1542, les Coligny allaient faire leurs premières armes. Odet ayant choisi la carrière ecclésiastique et leur oncle de Montmorency étant écarté de la cour, il ne restait aux jeunes Coligny que les armes pour se faire un nom.

Lors de la guerre déclarée contre Charles Quint, Gaspard fit campagne au Luxembourg, dans le Comté de Flandre et en Italie où il participa à la victoire sans lendemain de Cérisoles. Il prit part à l'offensive navale contre les Anglais. Plusieurs fois blessé dans ces combats, il se distingua par son audace.

La mort de François Ier le 31 mars 1547 précipita son retour à la cour de France. Il fut nommé gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, reçut la charge en 1547 de Colonel-Général des bandes françaises.

1547 fut marquée par la mort de sa mère, Louise de Montmorency, qui s'était beaucoup rapprochée des idées de la réforme, et par son mariage avec Charlotte de Laval qui lui apporta de nombreuses terres en Bretagne.

La cour d'Henri II était un foyer d'intrigues où le clan des Montmorency et celui des Guise, soutenus par la toute-puissante maîtresse du roi, Diane de Poitiers se disputaient les faveurs du roi.

Le règne d'Henri II commença par une reprise des persécutions contre les réformés et des menaces du côté anglais qui refusait toujours de rendre Boulogne occupée. 1547/1548 Coligny fit partie de la délégation qui se rendit à Londres pour négocier la paix. Il rencontra le jeune Édouard VI sous le règne duquel la réforme anglicane se radicalisait pour se rapprocher du protestantisme. De retour à Paris, se jugeant mal récompensé des efforts qu'il avait déployés au service du roi, Coligny se retira sur ses terres et profita de ses loisirs pour rédiger un code militaire très rigoureux qui avait pour but de moraliser le comportement des troupes.

Le roi le rappela bientôt et Coligny repartit en campagne. Écarté du siège de Metz par François de Guise, il contribua à la victoire de Renty, s'emparant notamment de l'artillerie espagnole. Il fut nommé amiral de France en 1552 et gouverneur de Picardie. A la fin de l'année 1554, le roi ordonna la préparation d'une expédition secrète vers le Brésil, à Gaspard de Coligny. Il s'agissait de créer une colonie Française en Amérique du Sud.

En 1557, après la rupture de la trêve de Vaucelles passée avec Charles Quint, l'armée impériale, dirigée par le duc Emmanuel-Philibert de Savoie, assiégea la ville de Saint Quentin, défendue par Coligny, qui après une longue résistance, dut se rendre. Cette défaite très lourde pour la France entraina le traité de Cateau Cambrésis (1559).

Après la mort du roi Henri II, Coligny conserve ses fonctions et demeure chargé, en tant qu'amiral, d'organiser la flotte de secours pour l’Écosse. Il se rend pour cette cause à plusieurs reprises au Havre et à Dieppe. Cette occupation lui prenant beaucoup de temps, il démissionne en janvier 1560 de sa fonction de Gouverneur de la Picardie.

À la cour, il pousse Catherine de Médicis à adopter une politique de conciliation à l'égard de réformés. À l'origine, très modéré dans son adhésion à la Réforme protestante, il refuse par fidélité au roi, la voie de la violence et condamne la conjuration d’Amboise. Mais, las des intrigues de la cour et écarté du pouvoir par les Guise, il se retire régulièrement chez lui à Chatillon sur Loing; dans cette retraite, la lecture des livres des novateurs change ses opinions religieuses, et à l'instigation de sa femme et de son frère Andelot, il se convertit au Protestantisme. Durant l'été 1560, il participe publiquement au culte. Au cours de l'assemblée des notables de Fontainebleau, il communique au roi les revendications des protestants de Normandie.

La chute des Guise à la mort de François II le satisfait. Durant l'année 1561, il jouit avec ses frères d'une grande faveur auprès de Catherine de Médicis et ne désespère pas de la voir adhérer à la Réforme. Il participe au conseil du roi et joue un grand rôle dans la politique royale de conciliation. Cependant, la violente réaction catholique en 1562, obligea la reine-mère à se séparer de lui et Coligny rentra sur ses terres. C'est là qu'il apprend la nouvelle du massacre de Wassy et la marche à la guerre.

En 1562, lorsque la guerre éclata entre le parti protestant et le parti catholique, Coligny s'engagea aux côtés du Prince de Condé. Éprouvant des difficultés à entretenir une armée, il négocia une aide financière avec Élisabeth 1ere d’Angleterre et en échange céda le port du Havre par le traité d’Hampton Court La livraison d'une place d'importance aux ennemis héréditaires de la France lui sera particulièrement reprochée y compris par les sympathisants de la Réforme.

Il participe à la bataille de Dreux qui marque la défaite de l'armée protestante face à l'armée royale. En 1563, on l'accusa d'avoir commandité l'assassinat du Duc de Guise. La mort de ce dernier, assassiné sous les murs d'Orléans, amena quelques années de paix.

Les armes ayant été reprises par les partis catholique et protestant en 1567, il quitta la cour avec Condé pour se réfugier en Bourgogne, puis à La Rochelle.

La troisième guerre de religion vit les défaites s’accumuler, d'abord Jarnac en mars 1569 où Condé fut assassiné, puis, malgré la victoire de La Roche l’Abeille, Coligny perdit du temps au siège de Poitiers car ses mercenaires, non payés, voulaient du butin, et il dut lever le siège avant d’être battu et blessé à Moncontour le 3/10/1569 où il fut défait par le duc d'Anjou, futur Henri III.

Coligny fuit alors vers le sud avec ses troupes et rejoint l'armée des «vicomtes» en Languedoc. Il reprend l'initiative, lève des troupes, pille les villages catholiques, prend Saint Etienne, remporte la victoire d’Arnay le Duc et remonte en 1570 jusqu'à la Charité sur Loire, menaçant ainsi Paris. Le roi cède, et ce fut alors la paix de St Germain en Laye le 8 août 1570.

Coligny cherche alors à rentrer dans les bonnes grâces du roi, qui l'avait condamné à mort et fait confisquer ses biens. En 1571, il rentre à la cour et le roi lui fit bon accueil. Les catholiques de la cour, cependant, le haïssaient, et son influence sur le roi reste limitée.

Le 22 aout 1572, peu après le mariage d'Henri de Navarre, le futur Henri IV, Charles de Louviers, tire sur Coligny depuis une maison appartenant aux Guise. Ayant envoyé son chirurgien Ambroise Paré, le roi accompagné de sa mère et son frère, se rendit au chevet du blessé, lui promettant justice. Mais l’assassinat de tous les chefs protestants fut alors décidé.

Dans la nuit du 23 au 24 aout 1572 éclata le massacre de la St Barthélémy. Pendant laquelle Coligny fut achevé dans son lit, à coups de dague. Son corps fut ensuite jeté par la fenêtre dans la cour Il fut ensuite transporté au gibet de Montfaucon où il est exhibé, pendu par les pieds.